Selon un sondage, plus de trois quarts des Français estiment que le président des Républicains est un “plutôt un handicap” pour son propre camp.
Mis en examen mardi 16 février pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, Nicolas Sarkozy pourrait-il se présenter à l’élection présidentielle de 2017 ? Pour le député Les Républicains Bernard Debré, la réponse est évidemment non. “Vous voyez un ancien président de la République se représenter contre le même candidat qui l’a battu, François Hollande, alors qu’il est mis en examen (…
?” a-t-il déclaré ce vendredi 19 février sur les chaînes parlementaires LCP et Public Sénat.
Un avis que partage visiblement les Français. D’après un sondage* Odoxa pour i-TÉLÉ, 77% d’entre eux estime que le président des Républicains constitue “plutôt un handicap” pour son propre camp. Un constat partagé par 6 sympathisants de droite sur 10, tandis que 22% pensent que l’ancien chef de l’État est un “atout” pour son camp (1% ne se prononce pas). Chez les sympathisants LR, 51% pensent qu’il est un atout, contre 48% un handicap.
Les sondés estiment ainsi que François Hollande aurait plus de chances de se qualifier au 2nd tour face à Nicolas Sarkozy (52%) que face à Alain Juppé (46%). Les sympathisants LR estiment au contraire que François Hollande aurait plus de chance face à Alain Juppé (55%) que Nicolas Sarkozy (44%). “Il ne suffit pas d’être apprécié, ni même d’avoir un adversaire suscitant du rejet pour provoquer un (…
vote”, commente Gaël Sliman, président d’Odoxa, ajoutant que la faiblesse d’Alain Juppé réside dans le manque à “proposer et exposer des idées susceptibles de cliver”.
Et la primaire ?
À la traîne dans les sondages, derrière le grand favori Alain Juppé, celui qui n’est pas encore candidat à la primaire de droite verra-t-il ses ambitions présidentielles freinées par cette mise en examen ? Son avocat Thierry Herzog assure que non. “Etre mis en examen n’empêche pas d’être candidat à l’élection présidentielle car il y a la présomption d’innocence”.
C’est également ce que plaident ses amis. “Comme tout citoyen, Nicolas Sarkozy a droit à la présomption d’innocence. Nous devons naturellement respecter ce droit”, tweetait Alain Juppé. “Ça peut être demain une force”, tempérait Brice Hortefeux, rappelant que dans
d’autres affaires le concernant, Nicolas Sarkozy a démontré “son innocence”.
De son côté, François Fillon, candidat déclaré à la primaire, a évoqué une “épée de Damoclès” au dessus de la tête de l’ancien président. “La vie politique a besoin d’exemplarité, elle a besoin d’humilité et ce climat-là est évidemment le contraire de tout ça”, a-t-il encore asséné. Également candidat, Jean-François Copé s’est lui déclaré dimanche dernier, après la décision des juges de ne pas le mettre en examen dans cette même affaire. “Jamais je n’aurais imaginé être candidat si j’étais mis en examen” avait-il assuré. À bon entendeur ?
* Cette enquête a été réalisée sur internet les 18 et 19 février auprès d’un échantillon de 959 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthodes des quotas).