L’ancien chef de l’Etat fait de la Défense « une priorité absolue » du prochain quinquennat et propose d’en augmenter le Budget de 32 milliards d’euros. François Hollande lui rappelle qu’il a “révisé deux fois la loi de programmation militaire”.
Nicolas Sarkozy veut faire de la Défense une priorité lors du prochain quinquennat. Dans une interview au Figaro, l’ancien chef de l’Etat affirme en effet que l’actuelle opposition s’engage à augmenter de 32 milliards d’euros cumulés supplémentaires l’actuel budget de la Défense. « Nous prévoyons de le porter à 1,85 % du PIB, contre 1,5 % aujourd’hui, soit 35 milliards d’euros en 2018 et 41 milliards en 2022 », détaille-t-il. Un effort qui permettra d’atteindre, à l’horizon 2025, l’objectif souhaité par l’Otan que la Défense représente 2% du budget de l’Etat.
Une interview qui a rapidement fait réagir François Hollande. “Sur ce sujet de la défense, il faut faire un effort, je l’ai fait, mais il faut essayer d’être réaliste”, a en effet estimé le chef de l’Etat, en marge de l’inauguration d’une “Halle bio” sur le Marché international de Rungis.
Rappelant que “dans le cadre de la réponse au terrorisme”, il avait lui-même ” révisé deux fois la loi de programmation militaire” , François Hollande s’est interrogé sur le fondement de la proposition de Nicolas Sarkozy : “comment peut-on faire un programme de réduction de dépenses de 100 milliards (NDLR : proposé par le président de Les Républicains et en même temps ne cesser de promettre des augmentations de crédits?”, s’est-il interrogé. Et d’enfoncer le clou en ajoutant que “ceux qui font cette proposition – ils en ont bien le droit d’ailleurs – étaient par ailleurs, quand ils étaient en responsabilité, ceux qui n’ont pas atteint les objectifs de la loi de programmation militaire qu’ils avaient eux-mêmes votée”.
Redéfinir les opérations extérieures
A l’occasion de cette interview, Nicolas Sarkozy égratigne également au passage les opérations extérieures de la France et le recours à l’armée pour la sécurité du territoire dans le cadre de l’opération « Sentinelle ». Sur ce dernier point, « l’armée n’a pas à faire la tâche de la gendarmerie et de la police », explique l’ancien chef de l’Etat qui, s’il reconnaît que « Sentinelle n’a pas présenté que des désavantages », estime cependant que « l’armée doit intervenir sur les théâtres extérieurs, la police et la gendarmerie sur le théâtre intérieur ».
Pour autant, l’ancien chef de l’Etat est également critique quant à la manière dont ces interventions en dehors de France se passent. Il faut revoir le format des Opex. Nos forces militaires doivent intervenir pour protéger nos concitoyens à l’étranger et défendre nos intérêts stratégiques, elles n’ont pas vocation à être des forces d’occupation ou des forces de police à l’extérieur, comme c’est trop souvent le cas », affirme-t-il.
« Je souhaite des Opex redéfinies dans leurs missions et menées avec des alliés – comme je l’ai fait en Libye, en 2011, sous mandat international. », affirme-t-il encore.
Etendre le SMA
Par ailleurs, l’ancien chef de l’Etat a une nouvelle fois pris position pour l’élargissement à tous les jeunes de 18 ans sans emploi ne suivant aucune formation du système militaire adapté (SMA). Ce dernier est un système d’insertion professionnelle, en vigueur depuis 1961 en outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Mayotte), qui permet à des jeunes volontaires âgés de 18 à 25 ans de se former à un métier pendant 6 à 12 mois sous la houlette de militaires.
« Il faut à toute force maintenir le lien entre l’armée et la nation. Je souhaite l’extension du service militaire adapté qui existe déjà en outre-mer », explique le chef de l’Etat qui avait avancé cette idée début avril. « Le jour de leurs 18 ans, ceux qui n’ont pas d’emploi ou qui ne suivent pas de formation devront effectuer un service militaire adapté obligatoire d’un an. Ils pourront apprendre les règles de vie en commun, éventuellement passer leur permis de conduire, apprendre une langue » explique Nicolas Sarkozy.