Année blanche”, baisse des cotisations sociales… Face à la crise que traversent les agriculteurs, le Premier ministre a annoncé mercredi plusieurs mesures.
Pour tout ce qu’ils apportent, les agriculteurs ont le droit de vivre dignement de leur travail” a assuré Manuel Valls à Ouest France mercredi 17 février peu après l’annonce de plusieurs mesures destinées à enrayer la crise qui mobilise les éleveurs depuis un mois.
Au programme : une baisse de sept points des cotisations sociales de tous les agriculteurs, ainsi qu’une “année blanche sociale” sur les cotisations sociales pour ceux ayant dégagé de très faibles revenus en 2015, annoncée à l’Assemblée nationale. Cette année blanche sociale se traduira par “un report automatique d’un an, reconductible dans la limite de trois ans, sans aucune démarche de l’agriculteur, sans pénalité ou intérêt de retard, de toutes les cotisations sociales 2016″, a expliqué le chef du gouvernement.
Cumulée à une baisse des allocations familiales décidée en janvier 2015, la baisse totale de cotisations s’élève à dix points, soulignait le Premier ministre en appelant la FNSEA à faire cesser les manifestations. Mercredi, des centaines de tracteurs avaient bloqué la rocade de Rennes pendant plusieurs heures, tandis que plusieurs hypermarchés étaient bloqués dans l’agglomération toulousaine, dans l’Allier ou dans l’Ain.
Le patron de la FNSEA Xavier Beulin a salué cette annonce mais a prévenu que les manifestants attendaient encore des mesures au niveau européen ainsi que le maintien de prix acceptables dans les négociations commerciales avec la grande distribution, à la fin du mois, pour que la mobilisation prenne fin. S’il a appelé tous ses collègues à “faire preuve de mesure”, il n’a pas demandé la fin des manifestations.
À qui la faute
Dans un entretien à Ouest France, Manuel Valls a réaffirmé que la Commission européenne avait tardé à reconnaître que cette crise ne s’arrêtait pas aux frontières françaises et touchait l’Europe. Il fustige un plan d’aide (de 500 millions d’euros, dont 63 pour la France) élaboré en septembre dernier qu’il jugeait déjà à l’époque trop faible.
L’Union européenne n’est néanmoins pas la seule fautive. “Tous les acteurs ont une responsabilité” avance le chef du gouvernement selon qui les professionnels ne se sont pas saisis des problèmes structurels identifiés de longue date”. Interrogé sur la responsabilité de l’État, il reconnaît que depuis 15 ans, l’État “a peut-être manqué de volonté pour simplifier les règles, réduire les charges et pousser les professionnels à s’organiser”. Selon lui, il y a également un problème de compétitivité par rapport à des concurrents européens qui emploient de la main-d’œuvre détachée avec un coût de revient très inférieur.
Enfin, il appelle chacun à ses responsabilités. “Je prends les miennes en tenant un discours de vérité : une refonte de l’organisation des filières est nécessaire” conclu-t-il.