Des scientifiques allemands travaillant sur le stellarator Wendelstein 7-X, ont franchi une nouvelle étape décisive dans leurs recherches sur la fusion nucléaire, cette énergie théoriquement propre et infinie, solution à tous les problèmes énergétiques.
Le rêve de la fusion nucléaire n’est pas mort. Au contraire. Des scientifiques allemands ont franchi mercredi 3 février une nouvelle étape décisive dans leurs recherches sur cette énergie presque totalement propre et théoriquement illimitée. La chancelière allemande Angela Merkel a même fait le déplacement pour assister au démarrage d’un nouveau test avec des atomes d’hydrogène, après le lancement en décembre de tests à l’hélium.
Et elle n’a pas été déçue, puisque les physiciens ont fait franchir au stellarator Wendelstein 7-X une deuxième étape en le faisant créer un plasma avec de l’hydrogène. L’objectif du test est de réussir à développer une nouvelle source d’énergie, générée par la fusion de noyaux nucléaires, qui se produit naturellement dans le coeur du soleil et de la plupart des étoiles.
Les 50 bobines supraconductrice du Stellarator Wendelstein 7-X : un design au millimètre et une beauté étonnante. pic.twitter.com/pRHz4A4Fb6
— Manuel Siggen (@msiggen) February 6, 2016
Le procédé, parfois appelé “création d’un soleil artificiel”, consiste à soumettre des atomes d’hydrogène à des températures allant jusqu’à 100 millions de degrés Celsius afin d’obliger leurs noyaux à fusionner, ce qui permet de générer de grande quantité d’énergie.
Iter, le projet qui traîne et qui coûte
L’énergie tirée de la fusion nucléaire est considérée comme le saint Graal des énergies propres. Présentée comme illimitée, elle ne souffre pas par ailleurs des dangers associés à la fission nucléaire -qui consiste à casser deux atomes-, et notamment ses questions de sécurité et ses déchets radioactifs de milliers d’années. En effet, la fusion nucléaire ne produit que très peu de résidus radioactifs et leur durée de vie est bien plus courte.
Plusieurs pays se sont déjà lancés dans la course pour la construction d’un réacteur, comme le projet international de réacteur expérimental, Iter, dont le siège est situé dans le sud de la France. Ce projet consiste à construire un tokamak -et pas un stellarator-, machine en forme d’anneau permettant une fusion nucléaire. Mais, pénalisé par des problèmes techniques et de coûts, Iter doit encore mener sa première expérience près de dix ans après le lancement du projet.
German photographer Christian Lünig leaves us with an artistic souvenir of #ITER worksite (c) C. Lünig pic.twitter.com/8l1n1Si2Hc
— Michel Claessens (@M_Claessens) January 13, 2016
Ce super réacteur devait procéder à un premier allumage en 2022. Mais le projet a été retardé à 2023, puis 2027. A cette date -soit 20 ans après le début de sa construction- il devrait théoriquement être capable de produire dix fois plus d’énergie qu’il n’en faut pour chauffer le plasma. Une véritable progression puisque, jusqu’à aujourd’hui, les réacteurs de fusion consomment plus d’électricité qu’ils n’en produisent, explique le Huff Post.
Pour autant, l’ingénieur du CEA Bernard Saoutic, interrogé par le site d’information, reste optimiste. Il évoque notamment le futur projet, baptisé “Demo”, qui devrait être construit d’ici 2050. Son but ne sera plus alors de prouver la faisabilité de la fusion nucléaire, mais sa possible rentabilité économique. “D’ici la fin du siècle, je pense qu’on aura plusieurs centrales à fusion”, précise-t-il. La fin de crise énergétique et environnementale n’est donc pas pour tout de suite.