Bouygues Telecom offre la 4G dans le Tunnel sous la Manche, dans le sens Paris-Londres. Vodafone, EE et O2 font de même dans le sens contraire. Le bataille de la 4G s’invite sous la Manche. Bouygues Telecom a annoncé qu’il offrait à ses clients la possibilité de surfer en très haut débit avec leurs mobiles, à 100 mètres sous le niveau de la mer. Le service est disponible dès aujourd’hui pour tous ceux qui empruntent le « Channel ».
Il ne fonctionne toutefois que dans un seul sens : de Paris vers Londres (tunnel sud). Dans le sens du retour pour les voyageurs français, la 4G ne sera pas accessible. Bouygues Telecom n’a pas encore conclu d’accord de « roaming » avec les opérateurs britanniques Vodafone, EE et O2, qui offrent également à partir de ce vendredi le très haut débit mobile à leurs clients dans le sens Londres-Paris (tunnel nord). L’aller-retour en 4G sera possible en mai, lorsque les accords entre opérateurs seront signés.
Le choix du 1.800 MHz
Pour offrir la 4G à ses clients, Bouygues Telecom utilise les fréquences 1.800 MHz déployées dans le Tunnel. Celles-ci ont été installées il y a deux ans, lorsque Eurotunnel et les opérateurs télécoms ont décidé de couvrir l’infrastructure en 2G et 3G.
Outre le 1.800 MHZ, les bandes 900 et 2.100 MHz sont également présentes sous la Manche. Ce qui empêche pour l’instant les autres opérateurs français de pouvoir proposer la 4G à leurs clients. Car Orange, SFR et Free utilisent essentiellement les fréquences 800 et 2.600 MHz pour le très haut débit mobile. Bouygues Telecom avait obtenu de l’Arcep en 2013 l’autorisation d’utiliser la bande 1.800, occupée par la 2G, pour faire de la 4G.
Le dispositif utilise les équipements techniques déjà installés par Alcatel-Lucent dans le Tunnel. Celui-ci comporte des éléments actifs (répéteurs optiques tous les 750 mètres) et passifs (câbles rayonnants, fibres optiques). Bouygues Telecom a adapté les stations de base présentes, en faisant quelques améliorations matérielles et logicielles.
« On a reproduit sous le Tunnel ce que l’on fait déjà sur l’ensemble de notre réseau en France », indique Jean-Paul Arzel, le patron du réseau chez Bouygues Telecom. « C’est la preuve que notre choix d’utiliser les fréquences 1.800 MHz était une stratégie pertinente », considère Olivier Roussat, le pdg, cité dans un communiqué.
Reste à savoir si le besoin est réel. La traversée de la Manche en train ne dure guère plus de 20 minutes. En outre, il est quasiment impossible de se connecter en 4G durant le trajet qui relie Paris au tunnel, quel que soit l’opérateur. « C’est un petit plus qu’on apporte à nos clients », reconnaît Jean-Paul Arzel, pour un investissement qui reste très limité.
Mais tous les petits « plus » comptent dans la bataille que se livrent les opérateurs français dans le mobile. Et dans ce contexte, Bouygues Telecom ne veut pas rater une occasion de montrer qu’il reste un acteur innovant.