Maxence Buttey, conseiller municipal frontiste de Noisy-le-Grand, avait dans un premier temps été provisoirement suspendu car accusé de prosélytisme.
Maxence Buttey, élu FN en Seine-Saint-Denis qui s’était converti à l’islam et avait ensuite été temporairement suspendu par le parti qui l’accusait de prosélytisme, a été démis de ses fonctions départementales dans le parti, selon le FN local, confirmant une information du Point.
Maxence Buttey, conseiller municipal FN à Noisy-le-Grand, avait été suspendu fin octobre par le secrétaire départemental du parti, Jordan Bardella, qui lui reprochait «non pas sa religion» mais d’avoir fait «ouvertement du prosélytisme en envoyant une vidéo qui vantait l’islam» à une dizaine de cadres locaux.
Entendu par le «bureau exécutif du parti réuni en commission des conflits» le 31 octobre, Maxence Buttey avait vu sa suspension levée avec un simple «rappel aux devoirs», mais depuis, plusieurs responsables FN avaient critiqué le comportement de l’élu qui s’était expliqué dans plusieurs médias. Marion Maréchal-Le Pen avait demandé à nouveau qu’il soit suspendu.
Jordan Bardella a expliqué mardi à l’AFP avoir réorganisé son bureau départemental «avec deux entrées, trois sorties et quelques changements de mission» en vue des élections départementales de mars. Maxence Buttey est un «garçon instable, timoré et avec une capacité limitée au travail en groupe», a expliqué Jordan Bardella, pour qui la vidéo vantant l’islam a été «la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La relation de confiance s’est perdue et j’ai besoin de personnes avec qui travailler en sérénité».
Jordan Bardella a rejeté l’idée que cette décision viendrait d’une instruction du siège du FN, rappelant qu’il avait suspendu l’élu qui a été réintégré ensuite par la direction nationale du mouvement. Maxence Buttey, qui n’a pu être joint par l’AFP, a appris cette décision par mail. «Il y a au sein du FN beaucoup d’islamophobes, je ne les juge pas, c’est un fait», a-t-il déclaré au Parisien.
«Ce n’est pas le cas de Marine Le Pen et de nombreux responsables nationaux qui savent faire la différence entre la vie privée et la vie publique. En revanche, dans le département, certains n’y arrivent pas. Depuis l’affaire de la vidéo, je n’ai rien dit, rien fait pour mettre en avant ma religion. Je fais mon travail d’élu, j’arpente le terrain, bref on ne peut rien me reprocher. On me sanctionne donc bien pour mes convictions religieuses», pense cet élu.